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I.4. ANALYSE PAR MOTIFS
Relief et rochesLa platitude du relief caractérise évidemment le secteur, simplement strié par les vallées. La roche calcaire n’apparaît pas réellement comme un élément essentiel du paysage. La carrière des Faluns d'Amberre offre son univers assez étrange mais très circonscrit. Le principal événement est formé par le contraste entre les calcaires de la plaine et les granits du fond des vallées (voir vallée du Thouet). L'exploitation des granulats de granite occasionne également, à l'ouest de Thouars, de grands « terrils » qui surprennent dans l’horizontalité générale.
EauxOn peut percevoir directement l'eau des rivières, éventuellement, par le langage des peupliers, l'humidité des fonds de vallée. Mais la plaine se montre plutôt sèche, surtout en comparaison avec le bocage, et l'essentiel de l'eau dans le paysage est celle que contiennent les nuages, et celle que les arroseurs projettent sur les cultures.
VégétationLa culture généralisée du sol avec le grand dégagement de la plaine, forme avec le relief plat l'essentiel des caractères du paysage. Les cultures elles-mêmes, leurs matières, les couleurs qui se succèdent selon la saison, forment la plus grande part de la matière paysagère. Quelques parcelles de vigne s'y ajoutent : c’est le cas au sud, sporadiquement, pour le vignoble du Haut-Poitou ; c’est plus franchement le cas au nord à l’approche du Saumurois. Dans ce grand dégagement, seul le bois du parc d'Oiron apparaît comme un événement dans la plaine. Les autres massifs, se trouvant sur les franges du secteur (forêt de Scévolle, parc Challon, Forêt de Vouillé-Saint-Hilaire) interviennent davantage comme des éléments de transition vers d’autres types de paysages. Les peupleraies apparaissent au fond des vallées et en soulignent le cours. Mais elles peuvent aussi s'interposer au sein de dégagements visuels potentiellement valorisants : par exemple, la fonction défensive du donjon de Moncontour appellerait un paysage plus dégagé. La végétation induit également des animations caractéristiques tels les noyers au sein du grand dégagement des parcelles, en particulier aux abords de la cuesta. Quelques tronçons de route sont soulignés d'alignements. Ceux-ci organisent une mise en scène particulière, très adaptée à la situation de plaine dégagée. Enfin, autour des agglomérations grandes ou petites, le cortège des jardins, potagers, vergers, assure la transition entre les cultures et le bâti.
Motifs construitsThouars appartenant au paysage de la vallée du Thouet, Mirebeau à la région du tuffeau, Neuville est la seule véritable ville de la plaine. Comme d’autres localités plus petites, elle présente une très nette concentration du bâti. Le regroupement est la règle et marque nettement la plaine, contrairement au bocage tout proche. Les pavillons égarés seuls ou en bande le long des routes détruisent cet équilibre. Hormis les agglomérations, petites et rurales, on remarque de nombreux monuments mégalithiques (dolmens, tumulus) des traces de la position stratégique de la région au moyen âge (donjons), un moulin conservé sur une éminence... Il est également à noter l'architecture singulière des maisons de terre à Ouzilly, témoignant et évoquant des paysages anciens de ces fonds particulièrement marécageux autrefois.
Enfin, les châteaux d’eau et les bâtiments agricoles (hangars, silos) ponctuent régulièrement la plaine de leur silhouette, sans la déparer : leurs grands volumes, leur grande hauteur, leurs fonctions même, se retrouvent en accord avec les dimensions de ce vaste paysage, et les difficultés viennent plutôt des tentatives maladroites de camouflage végétal, qui ne font que stigmatiser des éléments qui méritent surtout une architecture soignée.
RéseauxVoir le paragraphe I.3. On ajoutera que, dans des secteurs sans objets, l’œil des peintres et autres dessinateurs « s’accroche » aux poteaux supports des réseaux, à peu près les seuls éléments qui se détachent, et qui deviennent presque un symbole des plaines de grandes cultures. |  | |